Lannion – Brélévenez : suite

Orgues antérieurs

On ne sait exactement quand fut construit le premier orgue de l’église, mais les comptes de Fabrique de 1654 mentionnent la décision de faire construire « une paire d’orgues ». Un marché est passé avec le facteur Thomas HARRISSON, pour un montant de 1800 livres. (Thomas HARRISSON, exilé anglais installé en Bretagne, gendre de Robert DALLAM, construisit l’orgue de Roscoff en 1650).

Les comptes de la fabrique (20 G 735) ne mentionnent ni orgue, ni organiste de en 1608 et 1609 et de 1650 à 1652.

En 1653 est commandé un orgue : « Lesdicts comptables remonstrent que par acte prosnal du traiziesme juillet mil six cents cinquante trois le sieur recteur et general de lasicte parroesse auroient trouvé à propos que pour perfectionner l’office divin quy se faict en ladicte esglise et accroistre la devotion du peuple envers icelle, de faire faire une paire d’orgues veu qu’il y avoict quelques credicts en ladicte fabrice quy n’apportoient aucun revenu ny proffilt, comme il est plus emplement porté par ledit acte de delliberation […] ensuilte de quoy lesdicts comtables ensemble avecq le sieur recteur et autres prebstres et depputtés par ledict general, auroict passé acte de marché avecque Thomas Harison Me facteur d’orgues pour la somme de dix huict centz livres tournois avec poincts et conditions portées par ledict acte datté du [blanc] »

900 livres, à valoir sur le total, sont réglées à Harison du 7 août au 10 novembre 1653.

Le 1er février 1654 est passé contrat avec Me Mathieu Le Bider, charpentier « pour la construction d’un jubé ou chancereau (sic pour chanceau) affin de recevoir les orgues cy devant mentionnées » pour un prix de 280 livres tournois .

1655

1656 : il y a un organiste, mais non dénommé.

1657 : aucune mention d’organiste.

1658 : organiste, le sieur Maurice Le Vincent, il reçoit 18 L.

1659 : organiste Missire Maurice Le Vincent qui reçoit 15 L pour jouer aux dimanches et fêtes.

1660 à 1663, aucune mention d’organiste.

1675 à 1678, aucune mention d’organiste. Ces années là semble-t-il de grosses réparations à l’église, achat de pièces d’orfèvreries (en relation avec le St-Sacrement), et de la chaire à prêcher.

1691 : organiste Me Jean Le Berre

1693 : organiste Me Jean Le Berre, pour son logement et à valoir sur son salaire reçoit 14L 16 s.

1695 : organiste Me Jean Le Berre, reçoit 45L 12 s.

Son contrat « pour toucher l’orgue » est résilié en novembre 1697, apparemment à l’amiable. En 1699, on parte du ci-devant organiste, mais il ne semble pas remplacé.

Des dépenses relatives à l’orgue sont mentionnées en 1675, 1708, 1742 et 1744.

A la Révolution, le Recteur de Brélévenez doit donner des chandeliers, des cloches et divers tuyaux en étain et en « fer blanc », contre reçu daté du 9 floréal An II (28 avril 1794).

Ce n’est qu’en 1826 que le Conseil de Fabrique décide d’acheter des orgues « à trente-deux touches, à gros diamètre à huit cylindres et clavier » et approuve un marché passé avec HUSSON, marchand d’instruments. Le prix au départ de Paris est de 1 500 francs et le reçu du paiement , signé HUSSON et DUCHENE, est daté du 30 octobre 1827.

1832 : organiste Marie LE MONTRÉER

Il est probable que cet instrument mécanique à cylindres ne donna pas satisfaction puisque le Conseil de Fabrique décida à l’unanimité, le 6 octobre 1861, de conclure « un marché de 9 000 francs avec Monsieur HEYER, de Quimper, à l’effet de fournir un orgue…conforme au devis dressé à cet effet, et de 2 000 francs avec Philippe LE MERER, sculpteur de Lannion, pour une tribune et un buffet conformes au plan par lui dressé »

Evolutions

L’orgue actuel a donc été construit en 1862 par le facteur Jules HEYER, d’origine silésienne, qui travailla avec Aristide CAVAILLE-COLL à Quimper et qui s’établit ensuite dans cette ville. Il est inauguré le dimanche 5 octobre 1862 et le recteur J. BOSCHER relate que « l’opinion est unanime sur l’heureuse confection des orgues et leurs sons mélodieux et que l’on s’accorde aussi à rendre justice au sculpteur pour le buffet et la tribune ».

 

Composition d’origine (1862) :

– 2 claviers de 54 notes,

– pédalier de 25 notes.

Grand orgueRécit expressifPédale
Bourdon 16'Flûte harmonique 8'Soubasse 16'
Principal 8'Salicional 8'Flûte 8'
Flûte douce 8'
(Bourdon)
Viole de gambe 4'Bombarde 16'
(en bois)
Prestant 4'Hautbois-basson 8'
Doublette 2'
Progression harmonique 2-3-4rgs
Trompette 8'
Clairon 4'

– Copula REC/GO

– Tirasse GO 8/PED (et REC 8/PED si les claviers sont accouplés)

– Traction mécanique des notes et des jeux

– Expression du Récit par cuiller à deux positions

– Appel et retrait des anches GO et progression harmonique

– Diapason 437Hz à 12°C.

 

Tout en conservant la pompe à bras, une soufflerie électrique a été installée vers 1950. En 1976, la console très usée et dure au toucher fut remplacée par une console neuve aux normes actuelles, grâce à un financement de l’Association des Amis de l’Orgue de Lannion et de la Paroisse.

La restauration effectuée en 1979 par le facteur Jean RENAUD, de Nantes, n’a toutefois pas concerné la soufflerie et le réservoir unique de l’instrument. Son financement fut assuré principalement par la Ville de Lannion, avec le concours du ministère de la Culture, du Conseil général, de la Paroisse de Brélévenez et de l’Association des Amis de l’Orgue.

L’orgue restauré a été inauguré le vendredi 11 avril 1980 par André ISOIR, organiste titulaire de l’église Saint-Germain des Prés à Paris, avec le concours de Michel GIBOUREAU, hautbois solo de l’Orchestre Paul KUENTZ.

En 2012, Bernard HURVY a restauré le réservoir de l’instrument, supprimant en même temps la pompe à bras originelle.

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