Tréguier, le grand orgue de la cathédrale : suite

Orgues antérieurs et évolutions

Orgues antérieurs : du XIV° siècle à 1794

– Premier instrument :

L’existence d’un orgue dans la cathédrale est attestée dès le XIVe siècle.

– Second instrument : 

En 1505, on fabrique un nouvel instrument en remplacement d’un instrument antérieur. Il était alors placé sous la tour Hasting.

Document :

L’orgue dans les comptes de la cathédrale de Tréguier, en 1597

– Troisième instrument :

En 1632, les orgues sont refaites par le facteur Henri VAIGNON, qui les répare en 1644. Guy GROHIER les retouche en 1662 (lire le texte énumérant les travaux de ce relevage), avant qu’elles ne soient, trois ans plus tard, déplacées au bas de la nef.

Autre document :

Un orgue témoin de la réforme tridentine

 

En 1663, Thomas Dallam, fils de Robert – le célèbre facteur anglais émigré en Bretagne nord de 1642 à 1660- effectue quelques menues réparations : voir le reçu et son décryptage.

 

Dans la première moitié du XVIIIe siècle, le chapitre songe à remplacer l’instrument par un nouveau. Il en espère la réalisation par un facteur parisien nommé LESCLOPUn courrier du chanoine Ph LE GENDRE à un correspondant non dénommé, est écrit le 24  janvier 1744 (ACDCA, 2 G 456).

Commentaire sur cette lettre, par Hervé Le Goff, suivi de la lettre de LESCLOP.

 Mais en raison de difficultés diverses le projet n’aboutit pas. On se contenta de faire réparer l’ancien par les soins du facteur Jacques GUYOT, puis, en 1771 par le facteur VOLTRAIN.

Cet orgue ne survivra pas à la révolution (en mai 1794, le bataillon d’Etampes met à sac la cathédrale et détruit l’orgue) et ne sera pas remplacé avant l’achat, en 1835, de l’orgue de Bégard (Quatrième instrument).

Evolutions : 1835 – 1989

(Selon un relevé du livre de Paroisse de Tréguier, fait par Paul Créac’h, à l’époque où le chanoine Thomas était Curé de la cathédrale)

 

En 1835 :

L’orgue de Bégard est vendu à la paroisse de Tréguier pour la somme de 3 850 F. Cette même année un marché est passé avec le facteur HERLAND, de Guerlesquin qui, pour la somme de 7 000 F, le remet en état. La réception des travaux est faite par Charles COLLIN.

 

En 1909 :

Relevage et transformation des jeux par FIRMIN, de Granville, qui établit une nouvelle soufflerie achetée d’occasion à Rouen pour la somme de 1 550 F. Fourniture de gambe et céleste.

 

En 1931 :

Un devis demandé à GLOTON, sans résultat, permet d’avoir un relevé de la composition à cette date:

Grand orgue : bourdons 16 et 8, montre 8, gambe 8, salicional 8, voix céleste 8 prestant 4 flûte 4, quinte 3, trompette 8.
Positif : bourdon 8, montre 4, flûte 4, doublette 2; basson-hautbois 8, clairon 4
Pédale : bourdon 16, flûte 8, trompette 8.

Pendant cette période, la cathédrale utilisait aussi un harmonium, placé près de l’entrée de la sacristie :

Harmonium de la cathédrale de Tréguier

Harmonium de la cathédrale de Tréguier, durant les années 30

En 1937 :

Relevage avec électrification de la soufflerie. Travaux faits par la maison ROETHINGER de Strasbourg, l’équipe étant dirigée par Alfred KERN.

 

En 1948 :

Travaux faits par un facteur local (MACK père ?) Il installe la console séparée (venant sans doute d’une récupération) à la base du buffet qu’il recule jusqu’au mur du fond, pour une somme de 400 000 F.

Michel Le Roux sur cette console de 1948

Michel Le Roux sur cette console de 1948

 

En 1951 :

Des travaux sont réalisés par  Pierre Chéron assisté d’Yves Sévère et Othon Wolf pour la somme de 207 000 F. (Travaux partiellement financés par la vente de l’orgue de choeur  de l’époque, installé à Callac depuis 1947).

L’orgue de chœur de la cathédrale jusqu’en 1947 :

Orgue de chœur de la cathédrale

Orgue de chœur de la cathédrale

 

En août 1956 :

L’état de l’orgue est le suivant :

Grand Orgue : 54 notes au clavier, mais combien sur le sommier ? (sans doute 48 ou 49 notes) : montre 16 (à partir du 2ème ut), montre 8 (façade en zinc de ROETHINGER) bourdon 8 (oublié sur le relevé donné par CORBES), salicional 8 (quelques basses muettes), voix céleste 8 à partir du 2ème ut dièse), prestant 4, flûte à cheminée 4; quinte 2 2/3, doublette 2, trompette 8

Positif : 54 notes au clavier (combien sur le sommier ? sans doute 48 ou 49 notes !) : bourdon 8 (tout bouché), montre 4, flute 4 (à cheminée), doublette 2, larigot 1 1/3, hautbois 8 (muet), clairon 4
Pédalier (27 notes) sous-basse 16, contrebasse 8, trompette 8, mais il n’y avait plus ni sommier ni tuyaux, le buffet ayant été reculé au maximum. Quelques tuyaux de bois en mauvais état avaient été jetés dans le triforium du côté nord)
Tirasse positif, tirasse grand-orgue, copula unisson

 

 

En 1966 :

Hippolyte CORBES attribuait à l’instrument la composition suivante :

Deux claviers (ut-fa)

Grand Orgue : montre 16, montre 8, salicional 8, voix céleste 8, trompette 8, quinte 2 2/3, doublette 2, prestant 4, flûte à cheminée 4 (ce dernier jeu actuellement hors d’usage).
Positif : bourdon 8, flûte 4, montre 4, doublette 2, larigot 1 1/3, hautbois 8, clairon 4.
Pédalier (ut-ré) (actuellement hors d’usage) : soubasse 16, contrebasse 16, trompette 8.

N.B. : H.CORBES a omis le bourdon 8 du grand orgue. D’autre part, cet orgue n’avait pas eu de contrebasse 16, mais une contrebasse 8. En fait, en 1966, il n’existait plus rien à la pédale depuis 1948.

En 1978 :

Un courrier ci-joint de Philippe Hartmann, facteur d’orgue, aux Amis de l’orgue de Tréguier, nous donne des précisions sur un travail réalisé en 1953 (d’après ce courrier) avec Pierre Chéron. Il insiste sur une caractéristique de cet orgue : « le plus important réside dans la structure du sommier du GO, vestige du Moyen-âge peut-être unique des sommiers (taillés) dans la masse (technique encore en l’honneur à Naple, en Corse, au siècle dernier). »

Ph Hartmann avait joint à ce courrier les notes et croquis pris à cette occasion.

 

En 1989 :

Une première tranche de restauration est réalisée par DUNAND (Lyon) : situation des travaux réalisés dans ce courrier adressé par le facteur aux Amis de l’orgue de Tréguier.

 

 

Tréguier_cartouche

 

 

 

 

La seconde tranche, avec un relevage, se fait attendre.

 

 

 

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