WEITZ Guy

un organiste verviétois méconnu émigré en Grande-Bretagne

Verviers est une terre de musiciens et pourtant l’un des plus grands reste méconnu. Il s’agit de Guillaume WAITZ, qui sera connu internationalement sous le nom de Guy WEITZ. Il naît en 1883 à Verviers dans la province du Hainaut en Belgique. Son père Heinrich, d’origine allemande, tient un commerce de teinturier-dégraisseur avec son épouse Agnès Breuer dans la maison familiale de Chapuis, 25 rue Sécheval, dont le père avait été influent dans l’importante paroisse allemande de Verviers. Après Guy, deux filles viendront compléter la famille : Maria (née en 1891), célibataire, qui sera la gouvernante du doyen Matthieu Thimister et donna des cours particuliers de piano, et Bertha, qui épousa Emile Krings en 1914.

 

Ses humanités terminées au collège Saint François Xavier, Guy continue des études musicales supérieures. En 1906, il est lauréat du Conservatoire Royal de Liège et, un an plus tard, reçoit la médaille de Vermeil avec la plus grande distinction au concours supérieur d’orgue de cette même institution. Boursier, il étudie ensuite deux ans à Paris, avec les plus grands organistes, notamment Charles Widor et Alexandre Guilmant, sans oublier la composition avec Vincent d’Indy, disciple de César Franck, et le piano avec Joaquin Nin.

 

Lorsqu’il revient à Verviers en 1909, il enseigne au Conservatoire de Liège, est organiste à Saint Remacle et à l’église des Jésuites de la rue de Rome, commence déjà à composer en mars 1914 : une sonate pour piano et violon, et donne des cours de chant grégorien.

 

Avec son épouse née Soumagne, le couple aura six enfants. Trois fils se feront bénédictins et deux autres enfants connaîtront un sort que nous ignorons, mais le dernier vit encore en Grande Bretagne dans le Dorset.

 

Comme Joseph Jongen, Weitz émigre en Grande Bretagne avec sa famille en 1914 pour échapper à la guerre, mais lui ne reviendra pas. Il s’établira Outre-Manche. Fort de la protection de la duchesse de Vendôme, il devient organiste de l’église des Jésuites à l’Immaculée Conception, à Farm Street, dans le quartier Londonien de Mayfair et organiste honoraire de la Cathédrale de Westminster, un poste qu’il occupa pendant une cinquantaine d’années à partir de 1917. Il enseignera au prestigieux Royal College of Music et déploiera une carrière internationale, jouant à l’Albert Hall de Londres aussi bien qu’aux USA et dans diverses capitales européennes. Il forme de nombreux disciples, dont son successeur à Farm Street, le renommé Nicholas Danby et Dr James Drake (University of Utah, Logan) tandis que le Dr Elroy Stewart-Cook (Oregon) lui consacrera sa thèse de doctorat. Guy Weitz est décédé en Grande Bretagne en 1970.

 

Voilà un homme qui a formé des générations de grands organistes, qui a composé nombre d’œuvres entre autres, deux Symphonies, un Grand Chœur pour orgue, Fanfare et Marche Gothique, Christmas Rhapsody, Sicilience et Paradisum pour orgue etc., oeuvres enregistrées sur CD en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, mais dont on entend jamais parler dans le pays natal du compositeur. L’adage selon lequel nul n’est prophète en son pays, se manifeste une nouvelle fois !

 

Jacques Wynants

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