Loret Hippolyte (1810-1881)

Un facteur belge à Guingamp

H-Loret-Portrait (annoté)-JY RublonHippolyte Loret, né à Termonde en 1810, est issu d’une longue lignée de facteurs d’orgues, de carillonneurs et de “ mécaniciens horlogers ”. Etabli à Bruxelles, il exerçait en Belgique un art novateur qui lui est propre, même s’il prolonge de façon personnelle les caractéristiques de l’orgue romantique inventées quelques années plus tôt par Aristide Cavaillé-Coll.

 

 

 

 

 

 

Son frère François-Bernard Loret était également un facteur belge reconnu dont un des orgues, situé dans la cathédrale d’Arequipa, au Pérou, a été restauré le 14 avril 2007.

Après la mort de son épouse, contraint par des difficultés financières (ses quatre enfants veulent toucher leur héritage) et aussi honni par le musicographe et faiseur de fortune Fétis, Hippolyte Loret se tourne vers le marché français, à partir de 1862, non sans rencontrer la concurrence écrasante des ateliers A. Cavaillé-Coll et J. Merklin. Son fidéle associé et chef d’atelier est Adrien Van Bever, futur grand facteur et associé avec son frère Salomon.  Les renommés facteurs néerlandais Perebom & Lijser (Maastricht) furent également élèves de d’H.Loret. Il semble également que les jésuites aient activement soutenu et favorisé Loret en Belgique puis en France.

C’est d’ailleurs à Paris qu’il meurt en 1881, après avoir livré quelque cinq cents instruments en Belgique et en France. Hippolyte Loret peut être classé parmi les meilleurs facteurs d’orgue de son époque, tant par la solidité de ses instruments que par la beauté des timbres de ses jeux. En 1858, il était connu comme facteur des orgues du Conservatoire et du Théâtre royal de Bruxelles.

 

JP Félix nous apprend que H.Loret pratiquait une facture « à deux vitesses » : « l’une de luxe (Notre-Dame du Finistère à Bruxelles , l’abbaye d’Averbode -sans doute son chef-d’oeuvre -et projet pour l’église Notre-Dame-au-Lac à Tirlemont), caractérisée par des plans novateurs et des matériaux de tout premier choix. L’autre facture fut de second rang, à meilleur marché et moins novatrice, étant réservée à des orgues pour de petites localités. Photos : L’orgue d’Averbode (Orgelsite.nl) 1   L’orgue d’Averbode (NL-wikimedia) 2 ND du Finistère (Bxl-iris.net)

 

Orgue Loret de l'abbaye de Langonnet (jusqu'en 1952)Sa réputation amène les spiritains, qui viennent d’acheter en 1856-7 aux Haras nationaux l’Abbaye de Langonnet (Morbihan), à faire venir pour leur chapelle, en 1858, un de ses orgues de Sainte-Gudule de Bruxelles :

Cet orgue disparaîtra dans les années 1950, peut-être entre les mains d’un facteur d’orgue peu scrupuleux.

 

 

 

D’autres opus d’H.Loret en Bretagne

Loret a construit en Bretagne au moins trois instruments :H-Loret-Gourin_17 IV 12_2 N&B#

1864 – Gourin : Eglise paroissiale Saint Pierre et Saint Paul

1865 – Guingamp : Basilique Notre-Dame de Bon-Secours

1874 – Vannes : Chapelle du collège St-François-Xavier

 

La commande de l’orgue guingampais fut pour Loret une opportunité pour s’implanter sur le marché français. Elle ne fut peut-être pas le fait du hasard. Les contacts avec la fabrique guingampaise avaient sans doute été facilités par la présence en la ville d’un compatriote musicien qui s’était acquis une réputation dans sa patrie avant de s’exiler en Bretagne, pour on ne sait quelle raison . Dès 1864, la présence à Guingamp de Thielemans est avérée. Mais peut-être y est-t-il arrivé l’année précédente avant même que se négocie, avec Loret, le contrat du nouvel orgue (22). Thielemans, en plus de sa fonction de professeur de musique à l’Institution Notre-Dame, devint statutairement le titulaire de l’orgue Loret en janvier 1865 (23) jusqu’à sa mort.

 

D’autres opus d’H.Loret dans le grand-ouest

  • A la frontière de Bretagne, un autre H.Loret authentique se trouve à Launay-Villiers en Mayenne, anciennement au Pensionnat des Dames du Sacré Coeur de Laval. Il date sans doute des années 1862-65. Cet instrument vient tout juste d’être classé (octobre 2014) et attend sa restauration. Dessin : Jean-Yves Rublon  Article Ouest-France     Launay-Villiers

 

  • Grez-en-Bouère (Mayenne) : orgue intact, à l’origine à StFX/Vannes puis à St-Michel-des-Jésuites puis à St-Joseph.
  • Chauvé (Loire-Atlantique) 1862
  • Dans le grand ouest toujours, la ville de Chavagnes-en-Pailliers (Vendée) abrite un petit H.Loret de 1862 dans la chapelle des Ursulines.

H.Loret_entête_JY Rublon

 

[22] Thielemans semble avoir quitté son poste de titulaire de Sainte-Catherine de Bruxelles, et la Belgique, en 1862, au même moment où Loret lui aussi s’expatriait.

[23] “Aux appointements de 1500 F par an sans casuel, ou bien de 1000 F avec le casuel”.

 

 

 

 

Sources & webographie :
  • Jean-Yves Rublon : l’orgue de Launay-Villiers-revue « La flûte harmonique » n°77/78 – 1999.

 

 

H.Le Goff, B.Le Bail et L.Le Bot

7 commentaires sur “Loret Hippolyte (1810-1881)

  1. I’m a direct descendant of Hyppolite Loret and am trying to learn more about him and trace his family tree further back. Do you know of anyone who might be able to help me?
    thanks,
    Dominic Godfrey

  2. j’AIMERAIS AVOIR PLUS D’INFO AU SUJET DE L, ORGUE DU NOTRE DAME DU FINISTÈRE RUE NEUCE BRUXELLES ET AUSSI QUEL GENRE D’ORGUE Y AVAIT-IL À LA CATHEDRALE STE_GUDULE AVANT LE GRENZING. MERCI

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