Jane Lindé

une organiste à Guingamp sous le second Empire

 

Acte de mariage d'une organiste guingampaise en 1857

Les registres d’état-civil de la commune de Guingamp mentionnent, à la date du 11 janvier 1857, le mariage de M. Victor Désiré Vénard, ouvrier lithographe, habitant à Guingamp, et de Melle Jane Lindé, agée de 20 ans, de Guingamp elle aussi. Rien que de bien banal, en tout cela, à l’exception de la profession de la jeune épousée qui se déclare « organiste ». A cette date, qu’une femme fasse profession de ce talent musical particulier, sans être un fait exceptionnel dans une profession très largement dominée par les hommes, reste rare et mérite d’être souligné.

Acte de mariage de Jane Lindé et de Victor Désiré Vénard. 

Elle est enregistrée comme salariée de la paroisse Notre-Dame de Guingamp de 1858 à 1860 et reçoit alors 350 F par an pour son service, dans lequel étaient aussi inclus les réparations et l’accordage de l’instrument qu’elle assurait elle-même. Elle eut l’occasion d’exercer ses talents lors des festivités solennelles qui marquèrent le couronnement de Notre-Dame de Bon-Secours, en septembre 1857, et deux ans plus tard, à l’occasion de l’agrégation de cette église, désormais basilique, à Sainte-Marie-Majeure de Rome, honneur insigne accordé par les papes aux sanctuaires les plus remarquables pour leur antiquité et leur fréquentation. Pour des raisons familiales, elle doit quitter son service et Guingamp, probablement à la fin de 1860, pour s’établir à Dinan avec sa famille.

 

Née à Saint-Servan, elle était fille de John Henry Philippe Lindé, professeur de musique, et de Marie Staevens. Son acte de naissance (Saint-Servan, juin 1836), précise que son père, le sieur John Henry Philippe Auguste Lindé, alors âgé de 28 ans, était « professeur de musique, natif de Saint-Andreasberg, royaume de Hanovre ». Sa mère, quant à elle, était originaire de Jersey.

 

On aimerait savoir un peu plus sur cette organiste, et sur les motifs économiques, politiques ou …artistiques qui ont conduit en Bretagne son musicien de père né dans l’électorat germanique de Brunswick-Lunebourg vers 1808.

 

Hervé LE GOFF

 

 

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